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Isabelle SALVADOR et Cyrille GOTTE

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Des aménagements bénéfiques à tous et en particulier à l’agriculture

Isabelle Salvador a repris l’exploitation familiale située sur la plaine de la vallée de la Dordogne Lotoise en 2014, en tant que pluriactive. L’exploitation de 25 ha se compose alors de 15 ha d’arboriculture, principalement de noyer pour la production de noix AOP Noix du Périgord, et 10 ha de terres arables cultivées. Cyrille Gotte, son conjoint, également pluriactif, développe en parallèle une activité d’apiculture, débutée en 2011.
En 2018, les parcelles en arboriculture (noyer et châtaignier) sont converties en Agriculture Biologique.
L’exploitation s’inscrit dans un paysage marqué par la présence de nombreux bois et de haies anciennes diversifiées. Elle bénéficie du label Global G.A.P et de la certification HVE 3.

Engagement dans le programme Agrifaune 

Isabelle et Cyrille se sont engagés en 2016 dans Agrifaune car le programme était en adéquation leur démarche et leur exploitation qui allie une production agricole et un atelier d’apiculture avec une quarantaine de ruches.
« Les propositions faites par les partenaires du programme Agrifaune s’inscrivent dans une bonne démarche agronomique et favorisent la biodiversité, indispensable à notre activité de production agricole et apicole. La démarche nous a particulièrement parlé du fait de notre double statut d’agriculteur et apiculteur.»
En 2016, ils ont mis en place des couverts végétaux en inter-rang dans les parcelles en noyer afin de redynamiser le sol, limiter le tassement du terrain et favoriser l’infiltration de l’eau. Cette pratique leur a aussi permis d’apporter de la matière organique et de préparer notre conversion en AB.
Ils ont également installé de nombreux nichoirs sur notre exploitation, afin de favoriser la présence d’oiseaux insectivores qui participent à la lutte contre la mouche du brou du noyer et autres ravageurs.
Ils ont Par ailleurs intégré un GIEE dans une volonté de ne plus travailler le sol sur les terres arables afin de relancer la dynamique des sols. 
 
Les partenaires dans le cadre d’Agrifaune et les liens avec d’autres programmes
« Nous avons essentiellement été en contact avec la Fédération départementale des chasseurs du Lot pour la mise en place des aménagements. La chambre d’agriculture du Lot, également très impliquée dans ce projet, a participé en amont à la définition du cahier des charges des aménagements proposés. Le groupement de défense sanitaire des abeilles (GDSA), également partenaire du projet, nous a prêté main forte lors de la plantation de haie. »

Cette démarche les a conduits à participer depuis 2019, à l’Observatoire Agricole de la Biodiversité, coordonné par la Chambre d’Agriculture du Lot, en posant des nichoirs pour le suivi des abeilles solitaires.
 
Dans la même logique que le programme Agrifaune, la Mairie du Roc a mis en place un « ilot de biodiversité » sur un terrain communal en mars 2020 dans le cadre d’un projet porté par la Fédération des Chasseurs et l’ACCA du Roc. Cet ilot est l’association d’un verger composé de 20 arbres fruitiers (variétés anciennes provenant du Conservatoire de l’Arbre de Montesquieu (Aquitaine) et d’un couvert mellifère. La plantation a fait l’objet d’un chantier participatif avec les habitants de la commune. Des cultures faunistiques mellifères sont également mises en place par l’ACCA, sous forme de petites parcelles.
Toutes ces actions et la participation de tous les acteurs permettent de disposer d’un maillage de couverts en faveur de la petite faune sauvage et des pollinisateurs à l’échelle de la commune du Roc.

Actions mises en place 
Interculture
Herbages : gestion différenciée de la luzerne (expérimentation)
Aménagements innovants : aménagements et pratiques en faveur des pollinisateurs
« Tout d’abord, nous avons implanté une haie basse mellifère en décembre 2016. L’exploitation dispose déjà de beaucoup de haies, mais celle-ci, avec une composition spécifiquement pensée pour favoriser les pollinisateurs, correspond à notre démarche. Elle a été implantée sur une terre peu fertile et donc difficilement valorisable pour une production.
Nous avons également implanté des couverts mellifères sur 3 parcelles en jachère, soit une surface de 1,57ha. Le couvert contient plusieurs légumineuses, il structure et enrichit le sol, tout en apportant une ressource complémentaire pour les pollinisateurs, et notamment pour nos abeilles domestiques.
Enfin, nous avons mis en place une expérimentation de gestion différenciée de la luzerne en laissant 3 bandes de 1000 m2 non récoltées sur la dernière pousse en fin d’été, monter en floraison. 
Cette action est conduite à titre expérimental pour mesurer les bénéfices pour les pollinisateurs et la petite faune sauvage. Dans notre cas, la perte de fourrage peut être compensée par un gain sur la production apicole, en apportant une ressource avant l’hivernage des colonies et permet également de conserver un apport en matière organique lors du broyage de couvert de luzerne en janvier. »

Ces différentes actions apportent des zones favorables à la fois à la petite faune sauvage (alimentation et lieux de reproduction), une source d’alimentation pour les pollinisateurs et favorisent les auxiliaires des cultures. Elles sont à développer car elles sont aussi très favorables aux passereaux.

Place des actions dans leur environnement

Les actions proposées s’insèrent parfaitement dans le système d’exploitation alliant agriculture et apiculture. Leur coût est faible, la charge de travail est raisonnable et les cahiers des charges sont en adéquation avec les réalités de terrain.


 Reproductibilité des solutions mises en œuvre et développement de l’engagement

Dans le cadre d’Agrifaune une rencontre bout de champs a été réalisée le 29 juin 2018. Rencontre de terrain et d’échanges entre agriculteurs, chasseurs, apiculteurs et conseillers Chambre agriculture et Fédération des chasseurs. Un spécialiste Français des pollinisateurs était présent.
Le cahier des charges est bien adapté aux petites exploitations et facilement reproductible. Plusieurs agriculteurs sont engagés. Des partenariats sont passés avec des apiculteurs intéressés pour y mettre leurs ruches.
A l’automne 2020 un autre mélange à base de céréales et de légumineuses a été testé en couvert d’interculture dans l’inter-rang des noyers sur une parcelle de 4 ha, en partenariat avec la Chambre d’agriculture.
Il est également prévu d’organiser une démonstration de barre d’effarouchement sur l’exploitation lors de la fauche de la luzerne, avec les partenaires Agrifaune au cours du printemps 2021. Cela permettra là aussi d’informer toujours plus et d’améliorer la prise en compte de la biodiversité dans les pratiques agricoles.
 
Pour aller plus loin : Vidéo réalisée lors de la journée organisée sur l’exploitation pour monter que des aménagements simples et peu couteux peuvent être mis en place avec l’accompagnement de professionnels, et qu’ils bénéficient à tous et à l’activité agricole en particulier.
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